Après un début de semaine sur les chapeaux de roues, Paris et les autres Bourses continentales trébuchent ce mardi, les dernières nouvelles en provenance du golfe Persique venant refroidir les espoirs d'une paix entre les États-Unis et l'Iran qui avaient soutenu le moral la veille.
Vers 10h15, le CAC 40 s'inscrit en retrait de près de 0,7% vers 8 198 points, tandis que l'Euro STOXX 50 perd environ 0,6%, tout comme le DAX de Francfort, alors qu'à Londres (fermée lundi pour cause de Spring Bank Holiday), le FTSE s'adjuge au contraire 0,6%.
Des frappes américaines font remonter le pétrole
Les États-Unis ont effectué des frappes aériennes sur l'Iran cette nuit, notamment sur des sites de lancement de missiles et des embarcations tentant de poser des mines dans le détroit d'Ormuz, de quoi mettre à mal la perspective d'un accord entre Washington et Téhéran.
Conséquence logique de ce regain de tension dans le golfe Persique, les cours du pétrole repartent à la hausse, avec un baril de WTI qui remonte de 1,9% vers 92,6 USD et un baril de Brent qui grimpe même de 3% à 99,1 USD, revenant ainsi à proximité de la barre symbolique des 100 USD.
Néanmoins, les économistes de Deutsche Bank préfèrent rester optimistes quant à la perspective d'une paix au Moyen-Orient. "Cela fait un certain temps que la tendance vers la paix a été "trois pas en avant et un ou deux en arrière"", soulignent-ils.
Ils notent aussi que le cessez-le-feu dure maintenant depuis 48 jours, et estiment qu'une trêve aussi longue "n'aurait pas tenu si les États-Unis voulaient sincèrement reprendre leurs frappes, sauf s'il n'y avait absolument aucune alternative".
"L'action ciblée d'hier soir est clairement un avertissement que le cessez-le-feu est fragile, il faudra donc voir ce que les prochains jours de négociations nous réservent", concluent les analystes de la banque allemande sur ce thème.
Des notes d'analystes font bouger les valeurs à Paris
Dans l'actualité des valeurs à Paris, Air France-KLM gagne 1,5% malgré la remontée des cours du pétrole, le transporteur aérien bénéficiant de propos de Morgan Stanley, qui passe de "pondération de marché" à "surpondérer" sur le titre avec un objectif de cours relevé de 9,40 EUR à 11,50 EUR.
Carmila ( 3,6%) signe aussi l'une des plus fortes hausses du SBF 120, la foncière spécialisée dans les centres commerciaux attenants aux magasins Carrefour profitant d'un relèvement de conseil chez Jefferies, de "conserver" à "acheter", avec un objectif de cours relevé de 18,50 EUR à 20 EUR.
À l'inverse, Elior Group lâche 2,7% et figure ainsi parmi les plus fortes baisses de cet indice, le groupe de restauration collective pâtissant de la décision de Citi de ramener sa recommandation de "acheter" à "conserver", avec un objectif de cours réduit de 3,60 EUR à 2,40 EUR.
Ailleurs en Europe, Kingfisher progresse de 5,1% à Londres, après l'annonce par le distributeur d'articles de bricolage d'un chiffre d'affaires de 3,3 MdsGBP au titre des trois premiers mois de son exercice 2026-2027, en baisse de 0,9% en données comparables, conformément aux attentes.
En revanche, Ferrari chute de 6% à Milan, la nouvelle née de ses usines n'ayant pas convaincu les aficionados de la marque, comme en témoignent les avis divergents de la presse spécialisée. Le président John Elkann a pourtant qualifié ce modèle de "nouveau chapitre" dans l'histoire du groupe.
La séance s'annonce calme en termes de données macroéconomiques, le principal chiffre attendu étant l'indice de confiance du consommateur américain du Conference Board cet après-midi, indice que les économistes attendent en léger repli vers 92 après 92,8 le mois dernier.
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